• Marion Vincent

Coronavirus : une durée de vie variable sur les surfaces.

Selon une étude récente publiée dans le New England Journal of Medicine, le coronavirus peut survivre de façon variable sur différentes surfaces : jusqu'à 72 heures sur le plastique, 48 heures sur l'acier inoxydable, 24 heures sur le carton et 4 heures sur le cuivre. Il serait également détectable dans l'air pendant 3 heures. 



Carolyn Machamer, professeur de biologie cellulaire dont le laboratoire de la Johns Hopkins School of Medicine a étudié la biologie de base des coronavirus pendant des années, a rejoint Samuel Volkin, candidat au John Hopkins MPH / MBA, pour une brève discussion de ces résultats et de leur signification en matière d’action contre la propagation du virus. La conversation a été modifiée pour plus de clarté et de longueur.



Volkin : Selon ce rapport, il semble que le virus COVID-19 puisse potentiellement vivre sur des surfaces pendant plusieurs jours. Dans quelle mesure devrions-nous nous inquiéter de notre risque d'être infecté simplement en touchant quelque chose avec lequel une personne infectée était en contact il y a quelques jours ?

Machamer : Ce qui attire beaucoup la presse et qui semble effrayant car présenté hors contexte, c'est que le virus peut vivre sur du plastique pendant 72 heures. Ce qui est le plus important, est en fait la quantité de virus qui reste : moins de 0,1% du matériel viral de départ. L'infection est théoriquement possible mais peu probable aux niveaux restants après quelques jours. Les gens ont besoin de savoir cela. Alors que l'étude du New England Journal of Medicine a révélé que le virus responsable du COVID-19 peut être détecté dans l'air pendant 3 heures; dans la nature, les gouttelettes respiratoires retombent au sol plus rapidement que les aérosols produits dans cette étude. Les aérosols expérimentaux utilisés dans les laboratoires sont en effet plus petits que ce qui est projeté lors d'une toux ou d'un éternuement. Ils restent donc dans l'air au niveau du visage plus longtemps que le feraient les particules, plus lourdes, dans la nature.




Quelle est la meilleure façon de me protéger, sachant que le virus qui cause le

COVID-19 vit sur surfaces ?

Vous êtes plus susceptible de contracter le COVID-19 si vous êtes à côté d'une personne infectée plutôt qu'à partir d'une surface. Par ailleurs, le nettoyage de celles-ci avec un désinfectant ou du savon est très efficace, car une fois la couche de surface huileuse du virus désactivée, il ne sera plus capable d'infecter une cellule hôte.

Il n'y a cependant jamais d’excès de prudence : jamais rien de tel que cette pandémie ne s'est produit auparavant. Les directives du CDC (Center for Disease Control aux USA) sur la façon de vous protéger comprennent : - Nettoyage et désinfection des surfaces avec lesquelles de nombreuses personnes entrent en contact. Il s'agit notamment des tables, poignées de porte, interrupteurs d'éclairage, comptoirs, poignées, bureaux, téléphones, claviers, toilettes, robinets et éviers. Évitez de toucher les surfaces dans les endroits publics, surtout s'ils sont très fréquentés. - Lavez-vous souvent les mains à l'eau et au savon pendant au moins 20 secondes, immédiatement lorsque vous rentrez chez vous d'un endroit public. - Mettez une distance d'au moins 1m80 entre vous et les autres lorsque vous êtes dans un espace public. - Plus important encore, restez à la maison si vous êtes malade et contactez votre médecin.

Il y a eu des spéculations sur le fait qu'avec l'arrivée de la saison estivale et le réchauffement des températures, le virus ne survivrait pas, mais nous ne savons pas encore si c'est vrai. Les conditions météorologiques ou la température à l'intérieur du domicile peuvent-elles affecter la survie du virus SARS-CoV2 sur les surfaces ?

Il n'y a aucune preuve dans un sens ou dans l'autre. La viabilité du virus en exposition à la chaleur ou au froid n'a pas été étudiée. Mais il convient de souligner que l'étude du New England Journal of Medicine a été réalisée à environ la température ambiante moyenne d’une pièce, 21-23 degrés Celsius.


Comment le virus qui cause le COVID-19 se compare-t-il aux autres coronavirus et pourquoi voit-on autant de cas en plus ?

Le SRAS-CoV-2 se comporte comme un coronavirus respiratoire typique dans les mécanismes de base de l'infection et de la réplication. Mais plusieurs mutations lui permettent de se lier plus étroitement à son récepteur hôte et d'augmenter sa transmissibilité, ce qui le rendrait plus contagieux. L'étude du New England Journal of Medicine suggère que la stabilité du SRAS-CoV-2 est très similaire à celle du SRAS-CoV1, le virus qui a provoqué l'épidémie mondiale de SRAS en 2002-2003. Mais, les chercheurs pensent que les gens peuvent transporter des charges virales élevées du SRAS-CoV-2 dans les voies respiratoires supérieures sans présenter de symptôme, leur permettant de se débarrasser et de transmettre le virus tout en étant asymptômatiques.




Traduction depuis l'anglais : Robert VINCENT.



La version originale de cet article est disponible sur le site de la John Hopkins University en suivant ce lien.

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