• John M.

Liberté, j'écris ton nom...

Mis à jour : avr. 5



Dès lundi, le gouvernement via le site internet du ministère de l'intérieur va permettre de faire des attestations de "déplacement dérogatoire" électroniques. J'entends déjà certains s'inquiéter d'un possible traçage du gouvernement alors même que celui-ci affirme qu'il n'y aura aucune conservation de donnée(s).

Parallèlement, une information issue des données anonymisées d'Orange nous a donné des statistiques sur l'exode des Parisiens vers des zones où l'expérience du confinement serait plus agréable (1 million de personnes auraient quitté l'Île-de-France). Dans un monde où l'information est un des plus grands pouvoirs, des sociétés privées en auraient-elles plus que l'Etat ?




Orange donc. Assez facile pour l'opérateur téléphonique de regarder le nombre de connections sur leurs antennes à différents endroits et donc par exemple de comparer le nombre de gens qui se connectent en île de France en temps normal, au nombre de connections depuis le confinement. Orange sait donc qui est parti et où, mais ils ne peuvent pas vraiment exploiter ces données; et avant que l'Etat puisse y accéder, il y a tout un processus juridique qui l'en empêche. Heureusement

Société privée 1. Etat 0.


Ces données sont inhérentes à l'utilisation de téléphone portable. Et Orange est détenue à 23% par l'Etat français, donc fortement soumise aux règles qui le régisse, ce qui ici est plutôt une sécurité.


J'ai donc cherché si d'autres sociétés privées avaient elles aussi publiées des études avec des données que seules elles, pouvaient avoir. Et je n'ai pas eu à chercher très loin. Google et le petit clic que l'on fait une fois, au début, pour accepter qu'ils aient le droit de collecter des données. Tout ça sans que jamais au grand jamais aucun humain ne puisse y accéder. Nous voilà donc rassuré. On clique. Et quand on cherche, ça claque.

Google donc. Voilà qu'en quelques recherches, je tombe sur ça :

Un "Community Mobility Reports"

Quel joli nom. Ça rappelle un titre de film (minority report, oui celui où une société capable de prédire les crimes arrête leurs auteurs avant même qu'ils ne les aient commis).

Voilà ce qu'on y trouve :





Le détail des déplacements hebdomadaires vers :

· Les commerces de détail (et les loisirs)

· Les épiceries et les pharmacies

· Les parcs et jardins

· Les stations de transport de métro, bus et de train

· Les lieux de travail

· Les lieux de résidence

Covid-19. Ces courbes traduisent les comportements des Français à la mi-mars, quand l'idée de la distanciation sociale a germé et avant que le confinement ne se mette en place. Ainsi, on observe un pic de + 40 % un peu après le 8 mars dans les magasins alimentaires et les pharmacies, avant l’effondrement de la fréquentation. Tiens, c’est le moment où l’on a vu beaucoup de gens commencer à stocker. Voilà ce phénomène quantifié et très précisément localisé dans le temps.


Google. Ceci n'est qu'un tout petit aperçu des données qu'ils possèdent pour créer ce rapport. En fait, ce petit clic les autorise à connaître tout sur tous vos déplacements, tout le temps, et à chaque instant. Google Pay : tout sur tous vos paiements. Gmail, Hangouts etc.. : tout sur toutes vos conversations (ça fait beaucoup de détails ça), etc...

Société privée 2. Etat 0.


Covid-19. Sur la page, il y a le détail de toutes les régions de tous les pays (oui c'est Google...).

Tiens, moi qui aime bien les données je vais faire un petit tableau, on y verra plus clair :



Une pensée "préfet Lallement" traverse mon esprit, j'ai envie de comparer un peu qui fait bien qui fait mal son confinement :

"Tiens, on fait ça mieux qu'en Allemagne, mais moins bien qu'en Italie, ou qu'en Espagne. On va s'en sortir mieux. Moins bien ? Les USA pour eux ça va être difficile. Tiens incroyable la Corée du Sud sans confinement de masse. Ils sont forts quand même. Ou, bien préparés sûrement. Et la Chine? Je ne trouve pas la Chine..."


Google. Ha mais oui! La Chine n'a pas Google. Enfin non, c'est plutôt Google qui n'a pas la Chine... Chez eux le clic n'est pas un choix, et tout est clair. Le choix n'est pas un choix.

Chez nous ce choix, on l'a. Encore faut-il savoir le faire.

Société privée 2. Etat Autoritaire 1. Etat démocratique 0.


Le match n'est pas perdu. Nous avons le choix de ne pas donner de points à des intérêts contraires à nos libertés. Investissons-nous dans les décisions de nos sociétés. Défendons les lois qui protègent nos données donc notre pouvoir et notre liberté.


Arrêtons donc de soupçonner nos Etats démocratiques mais conservons une saine vigilance. Méfions nous des idées complotistes. Intéressons-nous aux faits, aux experts et aux données vérifiées, aux petites étoiles et petites lignes. Mesurons les conséquences de nos petits clics. Le savoir nous évitera les plus grandes claques. C'est aussi pour ça que ce blog existe.


Nos libertés, c'est nous qui les écrivons.

John M.

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